春望

chūn wàng

Vue du printemps

杜甫 (Du Fu) · Tang Dynasty · 712770

Texte original

国破山河在,

guó pò shān hé zài,

城春草木深。

chéng chūn cǎo mù shēn.

感时花溅泪,

gǎn shí huā jiàn lèi,

恨别鸟惊心。

hèn bié niǎo jīng xīn.

烽火连三月,

fēng huǒ lián sān yuè,

家书抵万金。

jiā shū dǐ wàn jīn.

白头搔更短,

bái tóu sāo gèng duǎn,

浑欲不胜簪。

hún yù bù shèng zān.

Translation (French)

La nation est brisée, bien que montagnes et rivières demeurent ; la ville au printemps est envahie par l'herbe et les arbres. Ému par les temps, les fleurs apportent des larmes ; haïssant la séparation, le chant des oiseaux éveille le cœur. Les feux de signalisation ont brûlé pendant trois mois d'affilée ; une lettre de chez soi vaut dix mille en or. Je gratte mes cheveux blancs, devenus de plus en plus fins — bientôt, ils ne tiendront même plus une épingle à cheveux.

Contexte historique

Écrit au printemps 757 après J.-C., pendant la rébellion d'An Lushan (755–763) qui a dévasté la dynastie Tang. Du Fu était piégé dans la capitale occupée par les rebelles, Chang'an, séparé de sa famille. Le poème capture l'angoisse de témoigner de la destruction nationale tout en s'inquiétant impuissant pour ses proches. Il est considéré comme l'un des plus grands poèmes de guerre de la littérature chinoise.

Analyse littéraire

La première ligne est saisissante dans son contraste : la nation est "brisée" mais la nature endure — montagnes et rivières restent indifférentes à la catastrophe humaine. Dans les célèbres troisième et quatrième lignes, même les belles choses (fleurs, chant des oiseaux) deviennent des sources de douleur car l'état émotionnel du poète transforme tout. L'expression "une lettre de chez soi vaut dix mille en or" (家书抵万金) est devenue un dicton chinois courant encore utilisé aujourd'hui.

Forme

Five-character Regulated Verse (五言律诗)

Thème

War & Frontier

À propos Du Fu (杜甫)

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